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Manie Bella: « Tous les terriens sont chez eux sur terre ».

Manie Bella, jeune artiste musicienne nous parle de son enfance, ses débuts dans la musique et son combat. La jeune femme s'indigne contre le "Kongossa" contre lequel elle mène sa lutte.

Qui est Mani Bella ?

Mani Bella est une jeune camerounaise originaire de la région du Centre.

Mani Bella est-il un nom d'artiste ?

Non, c'est mon nom propre.

Pourquoi n'avoir pas choisi un nom d'emprunt comme c'est le cas dans le milieu des artistes ?

J'adore mon nom et je fière de ce que je suis. Donc Mani Bella c'est Mani Bella

Parlez-nous un peu de vous, votre enfance.

Ma maman ma donné tout l'amour possible, mon papa aussi. Malheureusement je les ai perdus déjà. J'ai toujours cet amour et je sais que là où ils sont, ils prient pour moi.

Des frères et des sœurs ?

Non, Mani Bella est fille unique.

Votre rencontre avec le monde de la musique...

Je n'y arrive pas par hasard. Mon grand père, Cher Ami de la Capitale, c'est l'un des pionniers du Meringué. Mon papa, Pilatos, était l'un des meilleurs solistes de la capitale. Alors grandir dans un ambiance de musiciens comme çà, çà forme.

Vos débuts...

C'est depuis toute petite. Comme toute jeune fille je chante à la maison, au lycée je suis la star des kermesses etc. Tout débute véritablement en 2003. C'est l'année où je perds mon papa. Cette séparation m'a affectée au point où j'ai voulu lui rendre hommage. C'est l'année où j'écris mon premier Bikutssi qui est Pilatos. La plage 3 de mon album. En 2005, mon tonton, qui est l'artiste Tonton Ebogo me prend et m'emmène en studio chez Bertrand Eba. On enregistre l'album entre 2005 et 2006 et il sort 5 ans après, en 2010.

Et entre temps ?

J'ai fleurté avec les cabarets dancing et cabarets live. J'étais particulièrement avec le Super Bazouka.

Présentez-nous votre album qui est sur le marché discographique.

Il s'appelle « Poussez la vie ». C'est un album de huit titres dont 4 Bikutssi, 1 Makossa, 1 Ndombolo, 1 Musique Word et l'instrumental de la musique word. Poussez la vie c'est un Bikutssi assez jeune, un Bikutssi hip hop. Il parle de moi, de ma vie, de ce que nous endurons tous les jours, de la souffrance qu'on a. Vous savez, actuellement on a des jeunes qui vont à l'école et qui après n'arrivent pas à trouver un job. Je dis à tous les jeunes et au camerounais qu'au moment où tu sens que tout d'abandonne, au moment où rien ne va plus, c'est le moment de se prendre en main. C'est le moment de doubler d'efforts et aller de l'avant. Il ne faut jamais perdre espoir.

Dans l'album, nous avons « Kongossa » que la majorité de camerounais apprécie qui parle de médisance. Je dis stop au Kongossa parce que c'est un fléau qui nui à l'évolution de notre société. Alors on doit arrêter de médire des autres. Il y a le titre « Pilatos » qui est l'hommage à mon papa. C'est juste pour lui dire que je l'aime et qu'il sera toujours gardé au fond de moi. On a également « Bikénisé Bikénisé » qui est un ndombolo assez ambiancé pour les fêtards. Bikénisé c'est une attitude, un style. Nous avons la chanson makossa qui est histoire d'amour entre un jeune couple séparé. Nous avons « Mintié » qui veut dire souffrance, douleur. Je parle un peu de moi et de mes souffrances quotidiennes.

Quelles sont vos influences ?

Je crois que ce qui m'inspire c'est la culture camerounaise et africaine en générale.

Avez-vous des modèles ?

Comme je disais, je m'inspire de la culture. Du Bitkussi, du Makossa, de l'Assiko, tout ces mélange là. Je crois que c'est ce qui m'inspire.

Votre album est sur le marché. Comment se comporte-t-il ?

Côté distribution je crois que çà va. Je ne me plains pas trop. On le retrouve au marché central chez Mélodie Diffusion, les Etablissements Achille Production, les Etablissements Chaval Music, les supermarchés DOVV et dans les grandes surfaces.

Que pensez-vous de la piraterie ?

La piraterie est comme le Kongossa. C'est un fléau qui nui à l'évolution de notre société. Il faudrait qu'on mette un terme à çà.

Qu'est ce qui fait l'actualité de Manie Bella au-delà de cet album ?

Mani Bella c'est une fille normale qui a les pieds sur terre et qui est contre le Kongossa.

Que fait Manie Bella quand elle ne chante pas ?

Manie Bella respire de la musique, Manie Bella mange de la musique, Manie Bella vit pour la musique. Actuellement Manie Bella est 100% musique.

Que pensez-vous de l'immigration clandestine ?

Je me dis toujours que tout le monde est étranger quelque part. Ici au Cameroun nous sommes des étrangers parce que la terre ne nous appartient pas. On ne sait pas d'où elle vient et qu'est ce qu'il en sera demain. Je veux par là dire que tous les terriens sont chez eux sur terre.

Comment trouvez-vous la musique Bitkussi de nos jours ?

Je crois que le Bikutssi évolue comme toute chose. Le Bikutssi d'hier n'est pas celui d'aujourd'hui. Il a subit beaucoup de transformations mais je crois que la base est là.

Quel message à l'endroit des jeunes filles qui veulent vous ressembler ?

Je dis à toutes les jeunes filles, premièrement stop au Kongossa. Le Kongossa n'est pas bien, çà nui à l'évolution de tout être. Je dis à toutes les jeunes filles que lorsque vous avez un rêve, quand vous avez un but à atteindre, n'écoutez pas les « On dit ». Faites tout pour atteindre votre rêve dans la positivité. Donnez-vous les moyens, ne restez pas les bras croisés.

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  • Manie Bella, Slam et Henri Okala
  • Manie Bella et Koppo